Chronique

THE DYING SEED - THE DYING SEED / Autoproduction 2009

Mesdames et messieurs, bien le bonjour. Au menu, aujourd’hui, un combo parisien autoproduit. Un power trio du nom de THE DYING SEED. Je tiens tout d’abord à les féliciter pour la méticulosité de leur produit. Un packaging de première qualité. Un pressbook bien détaillé, également de première qualité. Et un petit mot manuscrit (ca devient trop rare, ce genre de choses). Dans le principe, je trouve ca admirable. On part ainsi sur un 6 titres. Le résultat sera t’il à la hauteur des espérances ? C’est tout le mal que je leur souhaite.

Une intro nous présente le produit. Aux premières notes de basse, on croirait TOOL mais non, c’est une instru jouée bottleneck pesante qui nous donne le ton. YOU ARE MY WAY. Du lourd, un ternaire joué fond du slip, un gros brout en fond, une voix bien rocailleuse. C’est du DOWN de l’époque NOLA. Niveau son, un bon gros son de gratte même si, à mes yeux, il y’a un léger manque de présence. La basse et la batterie ont ce même souci. Un bon son mais, cependant, légèrement calfeutré. Hormis ce souci qui n’engage que moi, le son global est bien mixé, très bien produit et la musique reste limpide. Un passage instrumentale qui n’ira pas sans vous rappeler les débuts de nos caverneux CATHEDRAL avec un doom joué en low tempo. Très agréable.

REVOLVER. Un moment de détente ? ? On est sur un mid tempo avec un bon gros riff bien lourd. Ils ont ca en eux, les petits gars. Ce gros power métal pesant, oppressant. Petit point que j’aimerai souligner. On est en présence d’un VRAI bassiste. Non qu’il n’y en ait des faux, mais il est vrai par le fait qu’il ne joue pas les parties de gratte sur une basse. C’est des vraies lignes de basse intelligentes et efficaces. Des accords, des phrasés qui vont bien. Sur le passage mélodique à la guitare, il pose sa patte et signe une rythmique riche et personnelle. Dommage que la batterie ne suive pas. J’ai l’impression qu’elle flotte entre deux eaux. Un petit truc qui me fait tilt. On verra par la suite.

Un morceau tout droit sorti de ces cendres, PHOENIX. Intro légère et subtile un peu rock psyché avec un son space. Sympathique. Mais le gros lourd revient net. C’est leur truc. La, une confirmation sur le tilt de batterie, un break tombe on sait pas d’où on sait pas comment on sait pas pourquoi. Il enchaîne deux ou trois enflammades du même style qui, selon moi, sont totalement à côté de la plaque. Même s’il retombe sur un gros thrash bien puissant qui fait oublier les deux ou trois incartades au clic. Les idées du morceau sont terribles. Une rythmique à la BLACKBONE de GOJIRA. Mais toujours ces breaks de batterie hors contexte et pas dedans un brin. Ca brise un peu le côté professionnel et le plaisir à l’écoute. Revenons à une critique objective. C’est une excellente composition. Les idées sont vraiment bonnes, l’interprétation également (à un détail près). C’est très bon.

Coupure acoustique DREAMS OF A DYING SEED. On est plongé dans une atmosphère orientale sortie tout droit des ORPHANED LAND et autres groupes qui nous viennent du continent voisin. Une transition musicale toute faite pour retomber sur un LAPIDATION OF THE WEAK qui envoie les pieds. Vraiment ! ! La double va à toc. Un gros riff heavy loud et toujours ce bassiste qui, ni vu ni connu, fait son vrai job de bassiste avec ses lignes subtiles. Des gros slides plantés tout au long des couplets qui rajoutent à l’exotisme ambiant. Sur le refrain, il pose des lignes intéressantes. C’est une musique intelligente. Niveau batterie, rien à redire. Il joue ce qu’il faut. Ca tape fort et vite quand il le faut et ca joue fond du slip quand il le faut. Pas de fioriture. Un excellent moment de thrash. Bon, un solo de synthé au milieu. QUID ? Sûrement un clin d’œil pour un pote mais ca a son efficacité, aussi. Ca casse la probable monotonie du morceau. Un solo mélodique de basse vient se poser sur une rythmique frénétique du gratteux. Un mélange très subtil et très fin de gros lattage entremêlé de mélodies et de phrasés lents. Même esprit quand on est gratifié d’un solo guitare sèche en plein bourrinage d’accords de puissance. Ils tentent des choses. Et ça passe très bien.

Pour revenir sur mes propos du tout début. Ils veulent faire un truc pro. Pressbook, packaging qui mettaient la barre haute. Dans la composition et l’interprétation. C’est à la hauteur. Les idées me plaisent beaucoup. Très influencés power métal heavy loud mid tempo avec des consonnances orientales harmoniques mineures, ils nous fournissent un EP de qualité. Certes, le batteur a eu droit à son moment de gloire mais mon impression globale reste très bonne. C’est joué pro. Un gratteux efficace, puissant et qui a des riffs bien pêchus. Le bassiste vraiment très efficace et intelligent dans la composition. Le batteur , gros niveau (mais faut pas trop en mettre parfois, l’humilité est une vertue en musique). Le son légèrement trop calfeutré pour moi n’enlève rien à la qualité du produit.

Je conseillerai d’écouter cet album. Faites vous une opinion mais je suis certain qu’avec une maturité accrue et un travail plus important sur la présence du son, ils vont nous sortir un album génial. Courage, les gars. Au plaisir de vous entendre sous peu.
 
Critique : Burno
Note : 7.5/10
Site du groupe : My Space officiel
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