Chronique

LIONSOUL - OMEGA / Autoproduction 2014

J'en connais un chez les Seigneurs du Metal qui a du se dire : "bon allez, on va mettre Weska sur du power metal, on verra la gueule qu'il tire". Et c'est encore plus étrange que certains d'entre nous aurait préféré prendre le billet tant on peut être intrigué, voir nostalgique en se penchant sur un concept autour de la mythologie grecque, et interprété par un jeune groupe Italien.

Dans le doute je me lance quand même et découvre après une brêve intro "Heavenly ride", un morceau pêchu de speed metal à l'européenne dominé par la double pédale ininterrompue et une caisse claire à 4 coup par seconde : une sérénade déjà jouée des millions de fois, à la même positions dans la tracklist et qui a mon sens ne peux plus constituer une accroche dans un groupe de power metal pour les 10 années à venir. Si le titre n'est pas à jeter, j'aurai surtout vu l'album commencer par "A new horizon" qui fournit tout autre chose. L'accroche reste pêchu, mais moins cliché et le solo beaucoup mieux réussi.

Côté production, c'est du fait maison, ce qui se ressent dans un son plus grave que la moyenne dont je m'accommode assez mal. Et c'est d'autant plus dommage sur un morceau aussi surprenant et intelligent que "Liar". Ce morceau réussit enfin à m'immerger dans l'univers de la mythologie grecque avec une marche très bien menée autour du personnage d'Hades. Le morceau est composé de plusieurs thèmes bien différents. Le couplet a un rythme bien particulier que je ne sais pas situer alors que le refrain est du pur Speed européen. Le solo est extrêmement bien rendus et la sortie du morceau est vraiment prenante.

Après un morceau dédié au cheval d'Alexandre dont le degré sismique est de 0,2 sur l'échelle de Richter, reliquat du premier titre dans l'esprit, le groupe essaye avec "Tiger of Gaugamela" de nous plonger dans un délire plus... perse. Il s'agit ici de revivre la bataille historique de Gaugamelès et la victoire finale d'Alexandre sur Darius III. Le morceau est bien lent, bien viril et le chant contrebalance assez bien avec les voix fantomatiques.

Et puis, retour aux clichés et à du déjà entendu jusqu'à "Delirious mind" que j'ai aimé pour le chant et dont les riffs apportent quelques nuances un peu du carcan stéréotypé dans lequel le groupe s'est enfoncé. Le solo manque de créativité et de spontanéité, mais il sert bien l'ensemble du morceau.

Pour finir, forcément, le titre "Omega". Un speed bien hargneux ce coup-ci se révèle, comme s'il s'agissait également de la fin du monde. Malheureusement les ruptures sont courtes et on peine à souffler jusqu'au solo final, qui lui est d'une lenteur redoutable. Un contraste qui pour le coup manque de cohérence.

Conclusion : Ce dernier morceau m'a carrément laissé les rotules avec un bon lot de très bonnes et de très mauvaises impressions. La production un peu poussive est doublée de morceaux stéréotypés qui ne sont plus "acceptables" lorsque tout a été fait par les groupes phares des années 2000. Pourtant, il y a quelque chose dans Lionsoul. Il y a 15 ans, cela aurait certainement été un album d'anthologie car tous les ingrédients y sont : un chanteur avec une bonne voix, un thème général, une musique assez variée, positive et pêchu. Ils ont le Lion, reste à lui donner une âme.

Tracklisting :
1) Apó mêchanễs theós
2) Heavenly ride
3) A new horizon
4) Liar
5) Shadow of the black horse
6) Tiger of Gaugamela
7) The prescient
8) Atlantis
10) Delirious mind
11) Prelude to an end
12) OMEGA

 
Critique : Weska
Note : 6.5/10
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