Chronique

ALLEGAEON - DAMNUM / Metal Blade 2022

Petit débrief pour ceux qui ne connaîtraient pas en ALLEGAEON. Le quintet est formé en 2007 à Fort Colin, Colorado. Après des débuts dans un style death metal mélodique, le groupe a commencé à écrire des morceaux plus techniques, plus variés, mêlant ainsi aussi bien cet aspect violent que le soft du rock des 70s. Pour combler ses lacunes ( à l’époque), Greg Burgess (guitare) a pris des cours de guitare classique et guitare jazz.
Ce dernier point peut sembler anecdotique mais pas tant que ça. Ceux qui ont la chance d’écouter leur précédent opus « Apoptosis » se souviennent du titre « Colors Of The Currents », un morceau classique absolument magique. Si j’en parle vous pensez bien que ça a un lien avec « Damnum », le nouveau cadeau du groupe !

C’est donc avec la plus grande curiosité que j’attaque la galette et le premier titre : « Bastards of The Earth ». Ah oui fini les textes de cours de chimie et de biologie, on tape dans le dark et violent.
Alors oui l’intro est acoustique (superbe) ne va pas dans ce sens, mais le blast qui arrive avec un riff quasi black metal tranche radicalement. Le riff est lourd, agressif, le chant de Riley McShane passe du black au death caverneux grave mais d’un grave… Non là y’a pas à dire on tape dans l’dur ! Solo implacable sur un riff heavy metal, les changement sont permanents c’est un régal !
Là faut se poser parce que le titre suivant est monstrueux !! « Of Beasts and Worms ». Ouaw ! De l’intro guitare classique/clavier accompagnant un murmure, plaintif, avant d’asséner un riff et un growl brut de coffre !! Oh my god quelle transition ! Et puis le refrain… mais le refrain… Chanté en clair par ce vocaliste multi-facette qui assure à max, il a cette force qui va vous donner envie de vous lever, de bouger, de jumper ! Une force de la nature ce titre ! Magistral !

Premier extrait révélé au public en 2021 « Into Embers » est radicalement plus technique et concis, il ira à l’essentiel : gros riff, de bons soli. Basta ! Le chant clair de fin apporte cette petite touche inattendue qui passe bien. « To Carry My Grief Throught Torpor And Silence » est un autre gros pavé, pur ALLEGAEON technique avec, je vous avez prévenu, un break classique où le duo guitare/basse est sublime. Beau, mélodique, ce passage tranche avec le reste du morceau qui est assez dur. Un titre ombre et lumière en somme.
« Vermin » (dernier extrait en date) est un petit concentré du savoir faire du groupe avec un death métal rageur rempli de soli, un chant accrocheur, simple mais efficace !
Retour de la guitare classique pour introduite « Called Home » avec un chant très calme et mélancolique. L’ambiance prend au tripes, le groupe sait vraiment maîtriser sa musique. Vous serez balader entre mélodies planantes et passages dévastateur. Comme sur tout l’album il n’y a pas de linéarité, les titres sont vivants et vous tiennent compagnie le temps de l’écoute.
Celui qui me met le plus une claque c’est quand même Riley McShane. Il chante de plein de façon et toujours au poil. Il a une maîtrise de sa voix que l’on ne voyait pas autant sur « Apoptosis ». Respect le gars !

« Blight » est un morceau un plus simple, plus court mais génial par l’incorporation d’un superbe piano qui se mêle parfaitement aux riffs de combo. Jolie passe ! « The Dopamine Void » est un morceau divisé en deux. La première très légère, très rock, posée, mélodique à souhait grâce au solo. Orchestration, piano basse envoûtante, un régal ce final ! Et la partie deux par contre c’est le direct opposé : parpaing dans ta face par pelote de douze. Riley cri à s’en faire péter les cordes. Ce cri rappelle celui de Laurent Lunoir sur IGORRR. Mon dieu que cette violence fait du bien ! LE riff et le chant saccagé de cette partie vous dévisseront la tête !!
Au risque de me répéter, Riley est impérial sur cet opus. Sur « Saturnine » j’arrive pas à comprendre comment il fait. Bordel quel artiste ! Sans parler du duo Greg Burgess/Michael Stancel qui nous livre un solo en duo génial, on croirait presque du bon power !
« In Mourning » est un léger interlude acoustique envoûtant, juste de sublimes arpèges mais donneront envie à la plupart des gratteux de brûler leur guitare. Ce titre est en fait l’intro de « Only Loss » (les deux titres ne font qu’un) qui est un excellent titre pour clôturer l’album. On se rapproche des deux premiers titres avec ces riffs parfois black, parfois death, mais dans une alchimie que le groupe maîtrise. Bravo Riley pour le brutal death final !

Je m’attendais à quelque chose de bien fait de la part des ricains, mais pas à ce point. Là c’est vraiment l’excellente surprise de ce début d’année. Il y a tellement d’éléments, de changements, d’ambiance que l’on ne s’ennuie jamais lors de l’écoute. L’incorporation plus marquée du chant clair est un bon plus à mon sens, et cette manière de mélanger par moments le classique et le métal m’enchante toujours autant. Une musicalité à toute épreuve pendant toute l’écoute !Lui il figurera à coup sûr dans le top 10 ! Bravo Messieurs !


 
Critique : SBM
Note : 9.5/10
Site du groupe : Band Camp Officiel
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