Interview

UNCONFORTABLE KNOWLEDGE (2022) - Guillaume (Chant) et Adrien (Guitare)

Groupe nîmois de sludge/hard-core Uncomfortable Knowledge a sorti il y a quelques mois un très bon premier album, « Black Queen ». Nous sommes allés rencontrés Guillaume (chant) et Adrien (guitare) chez eux à Nîmes.

« Le groupe n’a qu’une année d’existence et vous sortez déjà un album. »


« Le groupe s’est crée autour de l’album. Je compose comme un beatmaker avec des instrus. Guillaume le chanteur du groupe vient du death à la base et nous voulions aller dans une nouvelle direction avec un style sludge/hard-core. »

« Vous venez de différents groupes ? »

« Oui nous venons de groupes de death et de nu-metal. J’ai travaillé avec des rappeurs ces dernières années et j’ai vu comment ils travaillent. Dans le metal on prend trop de temps avant de sortir des trucs. Je voulais aller plus vite avec ce nouveau projet. J’avais envie d’une méthode inversée : sortir des clips avant même de faire des concerts. Il y a une manière décomplexée de faire les choses dans la musique urbaine dont nous nous sommes inspirés. Avant on faisait à l’ancienne : répets puis concerts. On a changé ces méthodes de travail. On a sorti trois clips avant la sortie de l’album. On reste dans une démarche à la Fugazi où nous faisons tout en indé. »

« Vous avez enregistré l’album en home-studio ? »

« Oui. J’avais fait avant Uncomfortable un projet solo qui n’est jamais sorti, un truc électro-urbain. Je viens du metal mais voulais faire autre chose. Ce travail en solo m’a beaucoup aidé pour ce groupe. »

« On vous classifie souvent comme sludge, hard-core. Cette étiquette vous convient ? »

« Sludge hard-core, oui c’est ce que nous sommes. On aime l’élan positif et constructif du hard-core et le côté mélancolique du sludge. Nous n’aimons pas le riff pour le riff. On essaie de trouver une dramaturgie dans nos morceaux. Il y a rarement le même tempo dans nos titres. On veut faire des morceaux différents avec une même unicité. »

« L’album est assez court. »

« A la base nous avions prévu de faire un EP. En mettant les titres ensemble on a vu que ça fonctionnait et nous avons eu envie de faire un album. »

« Votre influence principale c’est Neurosis ? »

« Neurosis mais aussi Mastodon. On a plein d’influences différentes mais il n’y a pas que le metal qui nous influence. Nous ne nous sommes jamais dit nous sommes un groupe de post hard-core, donc nous devons sonner comme ça. C’est pour ça que l’on a mis du chant clair. »

« Votre sludge est moins sombre que ne l’est le sludge en général. »

« Il n’y a pas le côté nihiliste du sludge chez nous. On voulait quelque chose de mélancolique. On ne fait pas quelque chose de désespéré. »

« Les textes parlent d’écologie ? »

« On parle dans cet album de l’avidité de l’homme, de la guerre. On a écrit à partir d’expériences personnelles. Les textes sont imagés. Nous ne sommes pas donneurs de leçons. On est en train d’écrire le deuxième album dans lequel il y aura des textes qui feront référence à certains titres du premier album. »

« Comment est venue l’idée du chant clair ? »

« Elle s’est imposée d’elle-même. »

« L’album est un album metal mais pas que. »

« Nous avons une culture metal mais nous incluons dans le genre le hard-core, la noise. Nous sommes libres. Si demain nous pensons qu’un saxo sonne bien pour un morceau nous en mettrons. Nous voulons surprendre l’auditeur, mettre du contraste là où nous pouvons en mettre. »

« L’album est une auto-production ? »

« Oui. On avait une asso pour nos précédents projets que nous avons continué pour ce groupe. On a sorti le disque en Cd. On ne pouvait pas le sortir en vinyle car les matières premières amènent à un coût trop élevé. »

« Black Queen » est-il un concept-album ? »

« Non. Ce titre vient d’un dessin que Guillaume avait fait lorsqu’il était enfant, dessin où il avait dessiné sa mère en noir. Mais l’album ne tourne pas autour de cela même si le disque parle des relations humaines. »

« Vous avez joué avec Disconnected à Paloma à Nimes pour votre premier concert. Comment était-ce ? »

« Le concert était complet. C’était parfait. Il y avait une certaine pression mais au final tout s’est bien passé. Disconnected nous soutiennent. Cela fait plaisir. »

« Vous travaillez déjà sur le deuxième album ? »

« On a déjà plusieurs titres. Deux titres sont quasi finis. »

« Vous avez eu de bons retours sur le premier album ? »

« La pochette a bien accroché les gens. Cela leur a donné l’envie d’écouter. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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