Live Report

DAGOBA - JACK FACE - L'USINE - ISTRES - 4/2/2014

 
Fred, SBM et moi-même nous sommes donnés rendez-vous à L’Usine d’Istres pour nous manger un gros mur de son made in Dagoba. De retour dans leur région natale, les quatre compères reviennent de leur première tournée aux Etats-Unis avec une set-list revue à jour. L’idée, si on l’en croit notre ami google, est de répondre aux demandes du public. Autrement dit, j’étais particulièrement curieux de voir comment le groupe allait construire un live autour des meilleurs morceaux de leurs Post Mortem Nihil Est.

Dagoba parmi la foule
Avant cela, c’est l’installation au bar, les premières pint et une image assez inhabituelle des membres du groupe Dagoba déjà dans la salle lors de l’ouverture. Shawter en famille, et Franky Constanza qui prend un bain de foule avec photos et quelques dédicasses.

Première partie
Une fois cette session terminée, c’est Jack face qui se lance, un groupe français de metal sans réelle étiquette, entre le stoner, le thrash... et un peu le death sous un certain angle. Le début de la prestation est plutôt accrocheuse, le son est bon, la voix passe mais comme beaucoup de jeunes groupes, surtout dans le métal extrême, impossible de biter quoi que ce soit aux paroles. Et dans une musique dominée par le mid-tempo, cela devient très rapidement désagréable. J’ai un peu décroché à partir du 5ème morceau, avec un sentiment de frustration assez intense car c’est bien le genre de groupe que je verrai avec des textes en Français, limite chanté par Reuno de Lofofora. Quoiqu’il en soit, la musique reste sympa, et je remercie le groupe de s’être présenté avec un batteur remplacé à la dernière minute et la voix en vrac. Mais réfléchissez-y les gars, quitte à entendre du yaourt, pourquoi pas du yaourt français ?

"The world you know is gone !"
Une pint plus tard, c’est Dagoba qui arrive dans une intro pré-enregistrée, et provoque l’attente habituelle des groupes de renommé. Mais contre-toute attente, le riff principal d’ « I, Reptile » est directement envoyé à gros coup de décibel, une prise à contre-pied déroutante, mais très vite récupérée par la voix de Shawter. Le morceau est presque restitué comme sur l’album, le côté organique en plus.

Viens ensuite une triplette des 3 précédents albums avec les puissants à commencer par « The man you’re not » et « Blacksmokers » qui sont explosif en live, et la prestation de Shawter et des musiciens mets carrément dans l’ambiance. Ensuite, « The nightfall and all its mistakes » passe mieux en live avec la réduction de tous les effets synthétiques présents originalement dans l’album Face the colossus. Ceci, dit, impossible d’échapper au pont uniquement synthétique, qui ne peut donner qu’une impression plastique à ce passage.

Le groupe revient sur son dernier opus avec le monstrueux « When winter… ». La fin du titre est un peu sabordé par les instruments « non-joués » qui lui retire son côté organique et spontané. La sauce continue de monter avec « The great wonder » où Shawter nous encourage à gueuler les échos du refrain wonder et after. Annecdote assez marrant puisque de là va partir un malentendu : la phrase finale du refrain « it’s all that we bring… » où Shawter semble attendre « …after » en retour, est tout simplement sans suite, car le public connaît la chanson et lui attend « when the game is OVER ! ». Comprenez donc que sur tout le morceau, que vous soyez dans le pit ou pas, il vous manque un bout du refrain. Assez frustrant pour LE titre le plus attendu du groupe.

On est chaud là !
Nouveau retour en arrière avec trois titres qui expriment des éléments très singuliers dans la carrière de Dagoba. « Fall of men » que j’ai toujours zappé pour son manque d’intérêt et son riff répétitif tout juste bon à jumper s’est avéré une machine à faire de la bonne ambiance. Mais bon, on était déjà bien chaud ! « Degree zero » a été pour moi dure à avaler puisque j’ai commencé à me lasser des impulsions de double pédale. Mais comme si le groupe m’avait écouté, le groupe envoi le très inattendu « It’s all about time » qui passe le martellage de la double pédale à la vitesse maximum ! Le morceau est toujours aussi surpuissant et Shawter nous fait vibrer sur le playback d’ICS Vortex (ex-Dimmu Borgir) qui avait prêté sa voix pour le refrain.

On en finit avec Post Mortem Nihil Est avec « Yes, We Die » et « Kiss me Kraken ». Si je suis devenu fan des versions acoustique que le chanteur a posté il y a quelques jours sur youtube, je suis carrément devenu fou en dégustant les versions live. Grosse interprétation, grosse ambiance, et puis ce n’est pas dans toutes les salles que Shawter peut se permettre de chanter parmi son public…

Rappel
En guise de rappel, Dagoba joue ses 3 titres les plus explosifs de leur début de carrière. Pour les fous de la fosse, c’est d’ailleurs à ce moment là que les wall of death, aka braveheart, se sont transformés en circle pit, tournicotis ! Bref, il y a eu deux clins d’yeux aux fans de la première heure avec « Maniak » et « White guy », et « The Things within », premier titre dont la vidéo a fait le tour du monde.

Conclusion : La prestation de Dagoba est excellente et leur nouvelle set liste varie les plaisirs et montre avec cohésion et fidélité tous les types de morceaux que le groupe est capable de composer. L’ambiance était excellente et on a vraiment envie d’y retourner.

En aparté, je pense qu’il y a encore un pas à franchir pour nos frenchy au niveau du son. La musique industrielle est sacrément capricieuse en terme de qualité et la solution de faire jouer playback toutes les parties synthétique dénature complètement le côté organique du groupe… et ne pas les jouer met en évidence à quel point la batterie de Franky couvre le son des autres instruments par moment. Une discussion de comptoir entre moi et moi-même a aboutit à la conclusion qu’un 5ème homme au synthé, pourrait changer la donne, comme Martin Brändström l’a fait pour pour Dark Tranquillity…

Enfin, l’agenda de tout bon metalleux français leur donne rendez-vous cet été au Hellfest. Cette set-list peut marcher, mais il sera alors fortement recommander de finir le refrain de The Great Wonder ! Dernier mot pour la fin : Merci les gars, et à très bientôt !

Set list :
I, Reptile
The man you're not
The nightfall and all its mistakes
Black smokers
When winter
The great wonder
Fall of men
Degree zero
It's all about time
Yes, we die
Kiss me, Kraken

rappel :
Maniak
The things within
The white guy



 
Critique : Weska
Date :
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