Live Report

VANDEN PLAS + AMON SETHIS + PRYDE + WHISPERING TALES - Korigan - Luynes - 14/05/2016

 
Les maîtres du metal progressif allemand sont de retour dans le Sud ! La dernière fois que Vanden Plas a joué en périphérie marseillaise, c'était il y a seize ans. En effet, le 10 février 2000, le groupe performait avec le groupe français Headline au Jas' Rod des Pennes Mirabeau (Ndlr : affiche à l'époque organisée par Stryker !). Alors certes les teutons avaient participé au Glanum Rock (Saint-Rémy de Provence), en 2013, avec Manigance et Heavenly, la date de ce soir revêt tout de même une saveur particulière, comme un parfum de retrouvailles.
Pour les épauler, les Grenoblois Amon Sethis et les locaux Pryde et Whispering Tales répondent présents.


Premier groupe à se présenter, Whispering Tales fait office d'opener idéal. En effet, les Marseillais connaissent très bien cette salle du Korigan pour y avoir joué plusieurs fois, et également pour avoir déjà partagé la scène avec Amon Sethis et Vanden Plas (Ndlr : le 31 octobre 2014, à l'Amperage de Grenoble). Décor, costumes, le groupe a mis les petits plats dans les grands. Aux couleurs de leur second album intitulé Mechanism, les tenues des musiciens (en dehors de la clavieriste Stéphanie Fenu non présente ce soir) permettent au public de s'imprégner totalement de l'ambiance inhérente à cet opus. Tout en délicatesse et en technique, le combo remplira à merveille son rôle de première partie (et sans bénéficier de réelles balances), donnant envie à l'audience d'en découvrir plus. Et pourquoi pas via un show en headlining ? Bref, le groupe est sur la bonne voie !

On enchaîne avec certainement le groupe que j'attendais le plus ce soir, à savoir Pryde. Prometteurs, les musiciens ont fait leur preuves aussi bien en studio qu'en live. Avec deux excellents albums au compteur (Absence Of Light et Psychocentesis), le troisième est très attendu. Le départ de Laurent (guitare) à forcément retardé le processus de compositions, ce qui est sûr, c'est que l'arrivée de Tom Tiberi en remplacement ne peut que présager du meilleur. Et ce n'est pas leur set du soir qui le contredira. Puissance, technique, humour, tous les ingrédients pour passer un bon moment ont été réunis. Composé exclusivement de nouveaux morceaux (oui c'est couillu !) -d'ailleurs certains n'ont toujours pas de titres définitifs- le show promet de très belles choses. Le groupe a musclé son jeu et semble orienter son style vers du Mastodon / In Flames niveau agressivité et puissance, tout en gardant un aspect technique et mélodique à la Evergrey. Et voilà donc une bonne nouvelle : Tom, par son talent, son expérience et sa technique, ne vampirise pas le style de Pryde. L'osmose est totale et l'envie d'en entendre plus se fait encore plus pressante. S'il vous plait les gars, n'attendez pas un an avant de remonter sur scène et sortez ce troisième album expressément !

A l’instar de Whispering Tales, le groupe suivant connait bien le Sud et la tête d’affiche germanique. En effet, Amon Sethis a déjà joué au Jas’ Rod (en ouverture de Myrath, en 2013) et au Korigan (en headlining, en 2014), et avec Vanden Plas (cf. paragraphe sur Whispering Tales). Toujours axé sur la période égyptienne, Julien joue à fond la carte de la théâtralité via un masque lui recouvrant le visage et un triangle enflammé devant lui. Marque de fabrique et cohérent avec les thèmes abordés par les Grenoblois, il serait effectivement dommage de s’en priver. Le set de ce soir propose pas mal de titres de leur dernier effort intitulé The Final Struggle, avec notamment le morceau « Hope » et son sublime refrain. Evidemment, difficile de ne pas penser à la Vierge de Fer et son mythique Powerslave, mais quand le job est bien fait et joué avec conviction (Julien semble habité voire même envouté par ses paroles), les applaudissements sont nourris et mérités.

Les musiciens de Vanden Plas arrivent sous les vivats du public, ces derniers atteignant leur paroxysme à l’arrivée du maitre de cérémonie, Andy Kuntz. Artiste comme on en fait peu, le chanteur possède un timbre de voix reconnaissable (et appréciable) entre mille. Son chant n’est jamais forcé, il maitrise sa voix à la perfection et en joue avec délectation. Fan de littérature et de théâtre, la musique du groupe tend même vers la poésie, tellement c’est beau et agréable auditivement parlant. Une tournée en guise de best-of, quasiment tous les albums seront représentés ce soir, avec tout de même, une majorité de titres des derniers albums en date (cf. setlist). Mention spéciale au morceau « Scarlett flower fields » plébiscité par les fans sur internet et interprété par un Andy aussi ravi que surpris. Les fans apprécieront également la présence du titre issu de l’album Colour Temple « How many tears » (pourtant non mentionné sur la setlist), tandis que les puristes regretteront que le groupe n’ait pas joué sa version française (« Combien de larmes »), ainsi que d’autres pépites habituelles comme « I can see », et surtout l’emblématique « Rainmaker ». Mais bon, c’est bien pour chercher la petite bête.
A vrai dire, Vanden Plas (pour peu qu’on s’y intéresse un minimum évidemment) est un groupe beaucoup trop sous-estimé, car facilement appréciable, autant musicalement qu’humainement : humbles, techniquement irréprochables, abordables, et avec une carrière de plus de vingt ans (!), bref tant pis pour les absents et les non-curieux…

A noter pour conclure qu’avec quasiment 250 personnes présentes, le Korigan sera la plus grosse affluence de la tournée française. Voilà de quoi satisfaire et récompenser le boulot monstre de Sébastien Bailly et son association FHMC !

Setlist Vanden Plas :
Frequency (The Seraphic Clockwork)
Into the sun (Far Off Grace)
Godmaker (Chronicles Of The Immortals : Netherworld)
Scarlett flower fields (Beyond Daylight)
Holes in the sky (The Seraphic Clockwork)
Diabolica comedia (Chronicles Of The Immortals : Netherworld II)
Stone roses edge (Chronicles Of The Immortals : Netherworld II)
The last fight (Chronicles Of The Immortals : Netherworld II)
The final murder (The Seraphic Clockwork)
Postcard to God (Christ O)
Rappel :
Christ O (Christ O)
Lodic rain (Far Off Grace)
 
Critique : Secret Sfred
Date :
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