Live Report

DEVIN TOWNSEND - KLONE - L'Olympia - Paris - 26/3/2023

 
Disposant d'informations aussi chiches que vagues concernant les horaires de ce soir j'arrive une heure avant le début du show dans le hall de l'Olympia en vue du concert du génialissime Devin Townsend. Heureusement le tout premier groupe de la soirée, Fixation, venu de Norvège, parvient à me réveiller à 20h dès les premières mesures, alors même que je n'avais jamais entendu parler du quatuor (chanteur, guitariste, bassiste et batteur). Les membres du groupe sont jeunes, énergiques, mouvementés, souriants et chaleureux à la fois, ils occupent l'espace avec aisance et badasserie, et ravissent mes oreilles avec du metal moderne rythmé, bien articulé, entre prog, post metal et metalcore. Le chant est puissant et sensible, les screams sont ultimes, le chanteur s'approche souvent le plus possible du public, tous les musiciens sont bien mis en valeur et interagissent de façon plaisante, ce groupe est vraiment une chouette découverte tant musicale que scénique. Le chanteur nous informe que les gars de Klone lui ont appris "Allumer le feu" (oh non...), heureusement ou malheureusement selon les sensibilités le tube de Johnny ne figure pas sur la setlist (hormis quelques mots à la fin au moment de la photo finish).

La fosse n'est pas encore très remplie pendant le changement de plateau pour Klone, j'espère que cela va venir. Erratum/addendum quelques minutes plus tard, à 20h45 : c'est bien le cas, la salle se densifie, et le public est déjà chaud lorsque les 5 musiciens de Klone débarquent sur scène, avec un son parfait, pur, planant, dansant. Ce nest pas la première fois que je vois le groupe, et je suis ravie de les revoir, je suis toujours soufflée par la justesse de la voix du chanteur, de l'intensité et de l'émotion qui s'en dégage. Les deux guitaristes, le bassiste et le batteur sont énormissimes aussi, en place, investis, mis en valeur aussi bien par les balances nickel de l'Olympia ce soir que par les faisceaux lumineux très appropriés à l'ambiance du post-metal/prog riche, sensuel et habité du groupe français. Même si c'est surtout Devin Townsend que j'attends je n'ai pas envie que le set sublime de Klone s'arrête, je suis envoûtée (ce qui s'appelle vouloir le beurre et l'argent du beurre, le post-metal et l'argent du prog, je ne sais pas, je ne sais plus). La fin qui est encore montée en intensité a mis tout le monde d'accord et m'a laissée gagnée par un enthousiasme retentissant. Merci Klone pour la beauté. Le set se finit à 21h30, après 45 minutes d'une prestation enchanteresse.

À 21h50 le tant attendu Devin Townsend arrive sur scène avec une mine réjouie et une de ses nombreuses guitares, flanqué de ses musiciens : un bassiste, un claviériste-guitariste et un batteur (qui n'a plus de petite licorne en peluche sur sa batterie cette fois mais plusieurs poulpes et pieuvres). Il nous salue et nous glisse qu'il a eu une sinusite, un drôle de truc au nez pendant quelques semaines, et qu'il aura peut-être besoin de notre aide pour chanter. Est-il utile de dire qu'évidemment sa voix est aussi fabuleuse que d'habitude, expressive, chaude, tantôt hurlante tantôt caressante, et qu'il a l'air en pleine forme, avec ses mimiques reconnaissables entre mille et ses sourires radieux qui le rendent si fascinant à regarder ? Le son est excellent, les lumières sont magnifiques, le chant me torpille le cœur tant l'interprétation est bonne, les musiciens ont une grande classe, Devin chante un titre avec un poulpe en peluche supplémentaire sur scène juste à côté de lui et fait mine de jouer du synthé dessus, franchement on ne s'attendait pas à moins de la part du musicien canadien super barré que de jouer du poulpe. Je ressens une petite frustration de photographe de ne pas pouvoir immortaliser toutes les superbes guitares du chanteur guitaristes mais "seulement" celles des trois premiers titres car sa collection est fantastique. N'ayant pas encore écouté le dernier album "Lighthouse" je découvre les titres les plus récents, quatre intercalés avec des titres issus d'albums plus anciens que le public reprend en chœur.
Après un titre les musiciens se parlent et Devin nous dit qu'ils parlent de trucs de guitare et que c'est plutôt cool. Puis que ça fait six semaines qu'ils sont dans un tourbus à sentir les pets les uns des autres, ce qui est dégoûtant, surtout venant d'hommes de 50 ans.
Je suis étonnée que on soit loin d'une salle comble ce soir, surtout au vu de la qualité du concert. (Ceci dit je ne suis pas objective vu que cela fait longtemps que je suis convaincue que Devin Townsend est un génie et un doux dingue.) Dommage pour les artistes, mais au moins le public présent peut savourer les morceaux qui s'enchaînent sans une seule fausse note sans être compressé et en sueur.
Devin fait monter sur scène un enfant à qui il offre une peluche poulpe, et enchaîne en annonçant une chanson qui parle peut-être de poulpes, ou de vérité (ça se ressemble ceci dit). Les musiciens ont l'air d'autant s'amuser que le public qui tape dans ses mains, les voir se déplacer sur scène en dansant avec leurs guitares est un plaisir, ils dégagent tous une joie assez enfantine qui est très communicative, pendant que Devin chante avec une voix déchaînée.
À 23h le groupe fait mine de s'en aller, et d'ailleurs Devin le souligne, en nous disant que c'est le moment du show où le groupe fait semblant de quitter la scène, alors qu'on sait qu'il revient, que c'est stupide, mais que c'est comme ça que ça se passe, que ça leur permet de faire une pause de deux minutes, qu'ils vont donc nous rallumer la lumière puis revenir pour deux chansons supplémentaires. Cet homme est parfait. À 23h10 le groupe nous fausse compagnie apres un final aussi magistral que tout le reste du show, décidément Devin Townsend c'est toujours une claque de l'espace. En ce qui me concerne je n'aurais pas dit non à 20 minutes supplémentaires, et je pense être loin d'être la seule dans ce cas, mais le couvre-feu est le couvre-feu. Au revoir l'Olympia et à bientôt, merci Base Prod pour l'accréditation qui m'a permis de participer à cette soirée exceptionnelle.

Setlist : 1) Lightworker 2) Kingdom 3) Dimensions 4) The Fluke 5) Deadhead 6) Deep Peace 7) Heartbreaker 8) Spirits will collide 9) Truth 10) Bad Devil
Rappel : 11) Call of the Void 12) Love?
 
Critique : Elise Diederich
Date : 26/3/2023
Vues : 389 fois